Hommage à Mme Marcelle MOREAU, DESCHÊNES
Hommage à madame Marcelle Moreau, composé par sa fille Chantale et lu par sa fille Carmen, en l'église de Causapscal, le vendredi 19 décembre 2014, jour de la célébration commémorative. HOMMAGE À MARCELLE MOREAU, NOTRE MÈRE, Je vais vous raconter notre mère… pas nécessairement dans l’ordre où s’est déroulée sa vie, mais comme elle nous l’a contée et comme nous l’avons vécue… Née à Val-Brillant le 14 janvier 1925, elle était la troisième d’une famille de onze enfants. Dans leur petite maison de la rue Saint-Joseph, ils étaient 15 à la table, parce que ses grands-parents maternels vivaient avec eux. La vie n’a pas toujours été facile… Sa famille n’était pas riche. Très petite, la grande crise l’a marquée. Toute sa vie elle a été très économe. Elle récupérait tout ce qu’elle pouvait. En août 1945, pendant l’épidémie de diphtérie, elle a perdu deux sœurs. L’une d’elle est même décédée dans ses bras. Retirée de l’école en 3e année, pour aider sa maman après un accouchement difficile, elle y retourna 5 ans plus tard, fit sa 7e et sa 8e année en même temps pour obtenir, à la fin de l’année, son autorisation d’enseigner, ce qu’elle fit pendant 3 ans. Allergique à la craie, elle a été obligée d’arrêter. Ensuite, elle travailla à l’hôpital de Rimouski comme technicienne en radiologie, jusqu’à son mariage, le 24 juillet 1947. Elle a vraiment aimé cette époque de sa vie. Elle a eu 7 enfants. Elle a cousu des kilomètres et des kilomètres de tissus pour les habiller jusqu’à ce qu’ils soient autonomes. Elle défaisait des vêtements usagés reçus des cousines « des États » pour en refaire des neufs aux enfants. Maman était une femme très fière. Toujours impeccable, propre et bien peignée, elle aimait que ses enfants soient bien habillés, le nez brillant de propreté. Maman tricotait. Elle a dû détricoter au moins un troupeau de moutons au complet pour tricoter bas, gants, mitaines, chapeaux, foulards, gilets, châles, 6 trousseaux de baptême, couvertures, camisoles pour papa, etc. Lorsque nous étions petits, dans le temps des fêtes c’était la fête !! Maman prenait congé. Des beignes et de la tarte pour déjeuner, pas de problèmes, tout était permis ! Maman chantait. Lorsque nous étions petits, le réseau électrique n’était pas ce que nous connaissons aujourd’hui. Pendant les nombreuses pannes de courant, elle allumait la lampe à l’huile, nous berçait et chantait. C’était des moments très doux et très agréables. Notre père, menuisier, a travaillé pendant une dizaine d’années en Gaspésie lorsque nous étions petits. Il était parti du lundi matin très tôt au samedi midi. Pendant ce temps, maman était seule pour élever la marmaille et pas question d’attendre papa le samedi pour faire la discipline, tout se réglait au fur et à mesure. Pendant ces années, le soir maman nous faisait la lecture. Les contes de Perrault étaient sans conteste notre livre préféré. Maman nous a transmis le goût de la lecture. Nous croyons que « 100 fois sur le métier remettez votre ouvrage » a été inventé par maman. Elle était perfectionniste. Elle faisait, défaisait et refaisait jusqu’à obtenir la perfection. Notre père disait : « Bon, elle fait de la Marcelle ! ». Pendant ses loisirs (pour faire changement) elle cousait et tricotait des pièces pour des expositions organisées par les Cercles des fermières. Elle aimait également la lecture et les mots croisés. Pendant ses longues nuits d’insomnie, maman prenait ses cartes et faisait des jeux de patience. Pendant plusieurs années, papa et maman ont accompagné des couples en difficulté ou des gens seuls dans le cadre du mouvement La Rencontre. À cette époque, il est arrivé à quelques reprises que nous nous levions le matin et que des bagages inconnus étaient posés près de la porte de la chambre d’amis. Maman était une femme de devoirs, droite, cultivée, responsable et avec une certaine rigidité lui venant de son éducation. Elle ne ménageait pas ses efforts pour que tout son monde soit bien. Lorsque notre père est décédé, le 9 février 2005, la vie de maman a basculé. En perdant son conjoint, son complice, son époux depuis 58 ans, tout est devenu trop lourd. Elle a donc décidé de « casser maison ». Toute sa vie, elle a aimé « son lac » même si elle avait une peur bleue de l’eau. C’est pourquoi, elle a choisi de revenir près de son lac à la Villa Mon Repos… Nous croyons que sa maladie lui a fait croire qu’elle y retrouverait ce qu’elle avait laissé derrière elle en quittant Val-Brillant il y a plus de 70 ans… Maman, peu importe les dernières années plus difficiles, tu as été un modèle pour tes enfants et tes petits-enfants. Maintenant tu pourras regarder ton lac avec ceux que tu as aimés, papa, tes parents et ta tendre complice de tes jeunes années, ta chère Antoinette. Tant que quelqu’un se souviendra de toi, tu ne seras pas tout à fait partie. Tes enfants
Partager sur Facebook



