Hommage à M. Maurice PARADIS
Hommage à monsieur Maurice Paradis, écrit et lu pas son fils Jean, en l'église de St-Vianney, le jeudi 17 avril 2014, jour de la célébration commémorative. Blanche, Nelson, Rock et moi, nos conjointes, ses petits-enfants, vous remercions d’être ici avec nous pour honorer la mémoire du mari, du père, du grand-papa, de l’homme engagé et de l’Homme qu’a été Maurice. Accompagner notre père vers son dernier voyage, a fait monter un grand nombre d’émotions et de souvenirs. Mais ce qui est vraiment important pour nous, ce sont les valeurs que nous laisse notre père. Comme bien d’autres hommes de sa génération, il était fils d’agriculteur. Il aurait aimé vivre de l’agriculture, mais il s’est vite rendu compte que la forêt était la vraie ressource naturelle de Saint-Vianney. Au fil du temps, il a développé une véritable passion pour le domaine forestier. Bien que ce fût, à l’époque, un métier difficile il espérait rester auprès de son épouse sans avoir à s’exiler pour travailler. Aimant voir pousser les arbres, au fil des ans il en a fait planter des dizaines de milliers. Combien de fois je l’ai vu réfléchir à ses projets. En fait, Maurice était un homme de réflexion. J’ai le souvenir d’avoir vu mon père et ma mère discutant autour d’une table d’un projet de commerce pas loin de la rivière Matane, mais ne sachant pas où exactement. Comme Maurice avait une expérience commerciale au magasin général de son grand-père Poulin, cela lui donnait plus d’assurance pour réaliser ce projet. Finalement, avec l’aide de Blanche, femme d’action, et l’offre de tante Alma et oncle Jos, le rêve se réalisa. Et vous en connaissez la suite. Par ses actions, nous avons aussi découvert que notre père était autonomiste. Non seulement pour lui-même, mais aussi sur le plan collectif. Il désirait avoir tous les outils afin de prendre ses décisions sans contraintes extérieures et était prêt à en assumer les conséquences. Ce trait de personnalité a fait en sorte qu’il s’est impliqué dans de grands combats comme les opérations dignités et la fondation de la Société d’exploitation des ressources de la Vallée, dont il fut l’un des premiers actionnaires; ou par des petits gestes comme déglacer la côte en y étendant du sel à la pelle parce qu’il ne pouvait pas avoir le service de la municipalité. Il voulait que lui-même et les gens aient tous les atouts pour vivre et gagner leur vie à Saint-Vianney. Une autre valeur, mais aussi un héritage important, transmis par notre père, et notre mère, c’est l’importance de l’éducation. Nous croyons que c’était inscrit dans nos gènes, avant même notre naissance, que nous nous instruirions. Nelson et moi n’avons, à ma connaissance, jamais remis en question cette valeur. Je crois que c’est parce que notre père prêchait par l’exemple. Lorsque nous étions au primaire, il suivait des cours aux adultes pour compléter des études. Notre père voulait, par l’éducation, que ses fils aient tous les outils pour prendre leurs propres décisions. Après sa carrière d’épicier, il est retourné à ses premières amours, la forêt, en travaillant à l’aménagement de ses lots. Combien d’entre vous l’avez vu passer avec ses cutters pour couper des branches. J’ai l‘impression qu’il s’était ennuyé d’eux et eux de lui. Maurice était un homme discret, humble et effacé, il aimait toute sa famille. Il n’avait pas besoin de le dire, nous le ressentions. Il voulait paraître fort ne se plaignant jamais, voulant toujours garder le contrôle. Lorsqu’il était fier de nous, il se confiait à Blanche parce qu’il ne voulait pas que nous souffrions du syndrome de la grosse tête. Blanche, en bonne mère, s’échappait de temps en temps exaspérant Maurice. Il savait faire preuve de générosité pour sa communauté et sa famille. Il se préoccupait de ses petits-enfants, car il voulait leur bonheur et un avenir plein de promesses. Le grand-père va continuer à veiller sur vous, et sur son fils Rock en particulier, j’en suis convaincu. En terminant, permettez-moi de citer Doris Lussier, que mon père appréciait particulièrement: «Mourir, ce n’est pas finir, c’est continuer autrement. Un être humain qui s’éteint, ce n’est pas un mortel qui finit, c’est un immortel qui commence.» Pars en paix Maurice, ton esprit continuera de vivre dans tes arbres, fier et fort.
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